Comment se déclare un incendie ? Causes et prévention - Vivium
16 février 2026
Chaque année, quelque 28.000 incendies sont répertoriés en Belgique. En moyenne, ils font une centaine de victimes et se produisent souvent la nuit, dans des habitations privées. Néanmoins, les entreprises ne sont pas épargnées.
Pour éviter un incendie, il est essentiel de bien comprendre en quoi cela consiste. En effet, mieux on connaît les causes, les facteurs de risque et les procédures à appliquer, mieux on peut protéger son habitation et ceux qui y vivent, ou son entreprise et ses collaborateurs.
Nous vous proposons donc ci-dessous un récapitulatif de quelques principes de base.
Le triangle du feu (ou comment un incendie se déclare)
Le feu est toujours le résultat d’une réaction entre une substance combustible, l’oxygène et une source d’inflammation. Ces éléments constituent le triangle du feu : s’ils ne sont pas réunis, il n’y a pas d’incendie.
En pratique, vous devez donc surtout être attentif en cas d’association d’une substance inflammable et d’une source d’inflammation.
Quelles sont les causes d’incendie les plus fréquentes ?
Les causes d’incendies peuvent être classées en fonction de la source d’inflammation :
- Électricité : l’énergie électrique génère de la chaleur. Un dégagement de chaleur trop important - en raison d’un court-circuit, d’une résistance trop élevée ou de l’absence de refroidissement (par exemple, un appareil fermé dont le système de ventilation est en panne) - peut entraîner l’inflammation du matériel combustible.
- Électricité statique : il s’agit de l’électricité accumulée par un conducteur qui n’est pas relié à la terre (par exemple à cause d’un frottement). Lorsqu’il entre en contact avec un objet relié à la terre, cette charge peut se décharger brusquement et provoquer une étincelle. Ce risque apparaît notamment lors du déplacement rapide d’une courroie élastique ou de liquides non conducteurs dans des conduites.
- Surfaces chaudes (non électriques) : un dégagement de chaleur lié à un frottement, des pièces défectueuses, des poêles, des fours ou la fusion de matériaux peuvent également provoquer un incendie.
- Flammes et étincelles : les flammes peuvent jaillir de sources fixes (par exemple des fours) ou de matériel mobile (par exemple un poste à souder ou un chalumeau). Le découpage, la soudure, l’affûtage... sont autant d’activités qui sont source d’étincelles.
- Mégots : en Belgique, entre 10 et 15 % des incendies d’habitations particulières sont dus à des cigarettes ou mégots n'ayant pas été éteints correctement.
- Incendie criminel : dans ces cas-là, de puissantes sources d’inflammation ou des accélérateurs de feu sont souvent utilisés pour propager le feu plus rapidement.
- Inflammation spontanée : des substances telles que les huiles animales et végétales, les copeaux de bois, le charbon de bois ou les restes de peinture peuvent chauffer spontanément des suites de processus naturels (comme la décomposition). Si cette chaleur ne peut être évacuée dans l’air ambiant, la température peut être si élevée que la substance s’enflamme spontanément.
Les classes de feu : comment choisir le bon extincteur ?
Les matières inflammables sont réparties en quatre classes :
- Classe A : substances solides (bois, papier, textile...).
- Classe B : liquides (huile, essence...).
- Classe C : gaz.
- Classe D : métaux légers (magnésium, aluminium...).
Vous retrouverez cette classification sur les petits extincteurs manuels et saurez ainsi pour quel type d’incendie vous pouvez les utiliser. Le choix de l’extincteur adéquat dépend donc de la classe de feu.
Vous trouverez plus d’informations à ce sujet sur le site web de Protection Incendie Shop.
Comment un incendie se propage-t-il ? Qu’est-ce qu’un embrasement généralisé ?
Pour chaque incendie, nous distinguons deux phases : le développement d’un incendie et le moment où il est pleinement développé.
Durant la phase de développement d’un incendie, la réaction au feu des matériaux joue un rôle capital. À ce stade, dans un milieu semi-ouvert, les gaz chauds s'accumulent au plafond et la température monte. Lorsque la couche de fumée chaude au plafond atteint entre 500 et 600°C, un embrasement généralisé survient. Il s’agit d’une combustion simultanée de tous les combustibles de la pièce sous l'effet du rayonnement thermique intense. La catastrophe survenue en Suisse, à Crans-Montana, durant la nuit du Nouvel An (passage de 2025 à 2026), en est un tragique exemple.
La durée nécessaire pour passer de la phase de développement à un incendie pleinement développé dépend des éléments qui constituent le triangle du feu. Toutefois, il est essentiel de détecter l’incendie durant la phase de développement afin d’éviter d’importants dégâts.
Dans le cas d’un incendie pleinement développé, la résistance au feu des matériaux revêt de l’importance. En effet, la durée de la résistance que peuvent opposer les murs, sols, portes, etc. d’un bâtiment en proie aux flammes détermine le temps dont disposent les occupants pour évacuer.
Sécurité incendie : quelles mesures de protection et quelles règlementations ?
La sécurité incendie repose sur la protection passive, la protection active et les mesures organisationnelles.
Les mesures organisationnelles consistent en des actions à entreprendre en cas d'incendie, notamment :
- Respecter les instructions d'évacuation
- Signaler l'incendie et activer l'alarme
- Alerter les services de secours (112)
- Combattre un départ de feu avec les moyens de première intervention (si cela est possible sans vous mettre en danger).
La protection passive concerne les infrastructures, les mesures architectoniques qui n'ont pas besoin d'activation pour faire sentir leurs effets : Résistance au feu, compartimentage, emplacement et aménagement des voies d'évacuation.
La protection active regroupe les équipements qui vont s'activer automatiquement ou manuellement en cas d'incendie comme la détection incendie, le sprinklage, les extincteurs.
Envie d’en savoir plus sur la prévention incendie ?
Pour la législation de base en matière de prévention incendie, nous renvoyons aux sources ci-dessous :
- Règlement général pour la protection au travail, article 52.
- Code du bien-être au travail - Livre III. - Lieux de travail - Titre 3. - Prévention de l’incendie sur les lieux de travail.
- Arrêté royal du 7 juillet 1994 fixant les normes de base en matière de prévention contre l’incendie et l’explosion, auxquelles les bâtiments doivent satisfaire.
- Arrêté royal du 13 mars 1998 relatif au stockage de liquides extrêmement inflammables, facilement inflammables, inflammables et combustibles .
Vous trouverez des informations spécifiques à la prévention de l’incendie sur les lieux de travail sur le site web du SPF Emploi, Travail et Concertation Sociale.